Arcade Fire, la boue et moi – Eurockéennes 2017

En 2012, il y a cinq ans (damn, déjà), j’étais allée passer un dimanche aux Eurockéennes parce qu’il y avait Jack White et Charlie Winston. Il y avait de la boue, il y avait de la pluie et, à un moment, pendant le concert de Jack White, il y a eu une coupure de courant et il a chanté « We’re going to be friends » unplugged. Encore aujourd’hui, je me souviens avec précision de l’intensité et de la beauté de ce moment qui reste, même cinq ans et des dizaines de concerts plus tard (dont trois autres de Jack), mon moment de concert préféré de toute ma vie.

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probablement même l’un de mes moments préférés de toute ma vie tout court (écoute j’aime beaucoup Jack White) (photo d’époque)

C’est pour ça que quand, cette année, j’ai vu que Arcade Fire était à l’affiche, je savais qu’il fallait que je prenne mon billet. J’attendais de les revoir depuis 2014 et je me suis dit qu’ils ne pouvaient pas passer en France sans que je les vois.

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Si tu veux connaître mon passif avec Arcade Fire, je te le raconte ici

C’est comme ça que, hier, après avoir été bloquée 30 minutes dans le métro (la joie), parcouru la Franche-Comté sous la pluie (la re-joie) et monté ma tente sous le soleil (la re-re-joie), je me suis retrouvée à traîner mes tongs roses dans les allées des Eurockéennes pour la deuxième fois de ma vie.

Comme tu peux t’imaginer, les attentes étaient élevées.

Évidemment, la pluie a commencé cinq minutes avant le début des concerts mais, emmitouflée dans mon kway, je ne me suis pas laissée abattre et j’ai commencé par Rocky, groupe français d’electro-pop-r’n’b (écoute j’ai jamais su définir les genres), qui avait bien bien la patate, et qui m’a fait oublier le froid alors que je dansais sur place (enfin je sautillais quoi). Pas spécialement le genre de truc vers lequel je me serais dirigée spontanément, mais en vrai j’ai aimé le dynamisme de cette chanteuse au milieu de son groupe de faire-valoir (déso pas déso mais on voyait qu’elle), j’ai aimé ce mélange des genres, et je crois bien que je vais réécouter et m’y intéresser de plus près. (Je crois qu’avec l’âge je deviens plus ouverte d’esprit niveau musical) (on m’aurait parlé de r’n’b y a cinq ans j’aurais dit « eurk no ») (là j’ai dit « yes me like it ») (je suis fière de moi.)

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La seule photo que j’ai d’eux est vraiment floue, alors voilà la vraie star du show : le mec de la régie, celui que j’ai nommé le préposé à la pluie.

Ensuite j’ai enchaîné sur le groupe Doueh et Cheveu, un supergroupe composé d’un groupe de rock oriental et d’un groupe de punk-rock bordelais, mélange improbable mais très réussi. J’aime bien les rythmiques orientales/africaines (sûrement à cause de mon papa qui en écoute beaucoup), et j’aime bien les groupes qui cassent les codes (se reporter au groupe précédent), alors là aussi j’ai bien bien kiffé et sautillé sur place. En plus, malgré l’inondation sur scène (j’exagère à peine), le chanteur de Cheveu (celui qui assurait la communication avec le public) prenait la chose avec humour et philosophie. « Nos trucs vont peut-être exploser parce qu’ils sont sous la pluie, si ça tient… c’est cool. », nous a-t-il dit. Avant d’ajouter, une chanson plus tard : « J’ai l’impression d’être à un défi genre, t’as perdu, tu joues sous la pluie. » Eh oui, le Koh Lanta des festivals, c’était là.

Bon, finalement, ils avaient pas trop perdu, parce que la pluie s’est arrêtée pendant leur concert.

Et puis le chanteur nous a présenté une de leurs chansons en disant « Cette chanson s’appelle ‘Moto deux places’, elle est sur les motos qui ont deux places, une à l’avant une à l’arrière, donc voilà, c’est une dédicace à ce genre de véhicules. » J’espère que les motos deux places ont apprécié. Moi oui, en tout cas.

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Certaines des personnes sur scène sont en djellaba. D’autres portent une cape de pluie. (Comme ces deux inconnus au premier plan.)

Après, je suis allée voir Royal Blood mais je suis restée loin parce que 1) la boue 2) j’aimais moyen 3) stratégiquement je voulais rester près de la nourriture pour pouvoir y aller avant la fin du concert et donc avant tout le monde et donc pas faire la queue comme ça quand le concert serait fini j’aurais plus qu’à aller contre la vague pour me positionner pour Arcade Fire (écoute il était presque 20h ils passaient à minuit, il était temps de s’y mettre).

Et donc, Royal Blood, c’est typiquement le genre de groupe qui aurait pu me plaire : un groupe de deux personnes (mon kiff depuis les White Stripes), anglais, sans guitare mais avec une basse (j’aime ce genre de risques), qui fait du rock. Si ça ça rentre pas dans mes cases, je vois pas ce qui y rentre.

Mais non. Trop gros rock, trop facile parfois au niveau des mélodies, pas assez de subtilités à mon goût. Ça m’a pas gênée d’écouter ça pendant trois quarts d’heure en mangeant mon burger, je suis contente d’avoir découvert, et en soi c’était pas un mauvais groupe, juste, pas un groupe pour moi. Tant pis.

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Ils sont si petits et si loin (profitez-en pour admirer les muscles de la scène) (et LE SOLEIL)

Puis, après avoir patienté dans la boue (un grand moment de fun), alors que la pluie revenait, Phoenix est arrivé, précédé par ses fans. Phoenix, ça fait partie de ces groupes dont je sais que je les ai entendus un jour, mais de là à pouvoir dire où, quand et quelle chanson, il y a un pas que je ne m’amuserai pas à franchir.

Bon, quand ils ont chanté « Lisztomania« , ça m’est revenu. Et j’ai aussi compris pourquoi ça m’avait pas tant marqué. Ok, ils avaient la patate, leurs chansons bougeaient pas trop mal, et les gens autour de moi avaient l’air trop heureux, mais personnellement… c’était de la pop, quoi, qui n’a rien de bien différent de toutes les autres pop. (J’aime me faire des ennemis.) Bon, après, j’ai sautillé sur place et applaudi entre les chansons, évidemment, j’ai pas été élevée chez les sauvages, et j’ai plutôt passé un bon moment à me laisser porter par la musique et l’énergie des gens autour de moi, mais ça m’a pas donné envie de pousser plus loin mon exploration de ce groupe.

Par contre, big up au chanteur qui à un moment s’est pris de slammer sur la foule jusque loin, et de se tenir debout et de raconter des trucs (j’ai oublié les détails déso). Ça, c’était très swag. (Et big up aussi aux musiciens restés sur scène à qui personne ne portait attention pendant ce temps-là.)

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Toutes ces lumières roses sont bien jolies mais ne font rien contre la pluie.

Après ça, il y a eu une heure et demi d’attente pour Arcade Fire, où je pouvais pas m’asseoir because la boue, où je pouvais pas lire because la pluie, alors j’en ai été réduite à écouter les conversations autour de moi et chanter « Wake up » avec les gens (big up au mec qui connaissait les paroles) et dormir debout dans mon kway.

Et puis minuit a sonné (pas littéralement), et ils sont rentrés sur scène.

Et là, j’ai pas de mot pour décrire ce qui s’est passé, et j’ai pas envie de les trouver non plus. C’était tellement intense et personnel que je crois que je préfère garder ça pour moi. Ce que je sais, c’est que c’était une expérience, un concert comme j’en vis peu ; je voulais everything and more, et c’est ce que j’ai eu, et plus encore.

Ce que je sais, c’est qu’à la fin, le feu d’artifice était pas seulement au-dessus des Eurocks mais aussi derrière mes yeux.

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Voilà une photo pour atténuer la frustration de ce suspens que j’ai fait monter et qui n’a mené à rien PAS MERCI MOI HEIN de faire quelque chose que je reproche aux livres : faire miroiter un truc qui n’arrivera pas. Pour te consoler, va voir Arcade Fire en concert : tu comprendras.

En tout cas, les attentes laissées par mes dernières Eurocks, si elles n’ont pas exactement été égalées (dur d’arriver à la cheville de Jack), ont en tout cas été très loin d’être déçues. Je crois que je peux dire que j’aime ce festival ou, du moins, j’aime les groupes qui y passent et ce qui se passe quand ils sont là.

 

Et pour enfin répondre à la question que tu te poses sûrement depuis le début de cet article : combien de personne ont fait preuve de dédain vis-à-vis de mes tongs roses ?

Eh bien, officiellement, quatre, dont trois verbalement et un qui s’est contenté de les dévisager ostensiblement. Après, il y en a peut-être eu plus, je sais pas, j’étais trop occupée à regarder moi-même mes tongs pour éviter que la boue ne les avale.

Une réflexion sur “Arcade Fire, la boue et moi – Eurockéennes 2017

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