Rétrospective 2010-2019 de mes disques préférés

On approche de 2020, et pourtant l’époque insouciante où j’étais une étudiante pleine de rêves et de projets menant une vie débridée (c’est faux : je n’ai jamais été débridée) ne me semble pas si loin que ça ; alors que, quand je regarde bien, ma vie a sacrément changé cette dernière décennie, mes rêves et mes projets aussi, et je ne suis plus vraiment cette étudiante insouciante (et heureusement) (bisou la moi d’il y a dix ans, t’étais quand même une chouette meuf, t’inquiète).

Du coup, histoire de bien faire passer le coup de vieux et de faire une rétrospective sur cette décennie sur le point de se terminer, quoi de mieux que de faire un top des albums les plus marquants de cette période pour moi ?

Enfin, un genre de top, parce que faire un classement c’est beaucoup trop difficile, alors je vais me contenter de les présenter par année ce sera plus simple. J’ai essayé de ne sélectionner qu’un seul album par artiste, mais j’avoue il y en a un pour lequel j’ai pas pu (je te laisse deviner qui) (je suis incroyablement prévisible).

Tout ça est purement subjectif, il y a sûrement tout un tas d’autres excellents albums parus cette décennie, mais ici il s’agit autant (voire plus) de faire une rétrospective sur ma vie et la manière dont la musique l’a façonnée ces dix dernières années que de faire un bilan musical, alors je fais ce que je veux.

2010

Arcade Fire – The Suburbs

mi0002976528Dans la catégorie  » je n’arrive pas à croire que cet album ait déjà dix ans », voici le grand gagnant ! Autant certains disques sonnent exactement comme leur époque (il y a peu je réécoutais le premier album des Arctic Monkeys et je me suis retrouvée projetée direct en 2006 sans avoir eu le temps d’attacher ma ceinture), autant certains sont intemporels, et The Suburbs fait clairement partie de la seconde catégorie. Cet album pourrait sortir aujourd’hui que ça me choquerait clairement pas.

Personnellement, je l’ai découvert en 2013 quand j’ai sombré corps et âmes dans Arcade Fire #latetotheparty, mais il m’a fait un effet monstre, et il me le fait encore aujourd’hui. Je reste persuadée, en toute objectivité, que c’est le meilleur album d’Arcade Fire (même si mon préféré est Neon Bible), et j’attends toujours, depuis, qu’ils fassent mieux (no offense à Reflektor et Infinite Content).

C’est peut-être pas l’album le plus important pour moi de cette liste, même s’il m’a fait plonger dans Arcade Fire, mais je pense sincèrement que c’est l’un des meilleurs albums de la décennie. En toute objectivité.

 

Hot Hot Heat – Future Breeds

future-breeds-50411cf532e02Le dernier « vrai » album d’un des groupes préférés de mon adolescence (avant qu’ils ne partent chacun de leur côté avant d’annoncer en 2016 « au fait on sort notre dernier album voilà après on se sépare et on fait pas de tournée merci bisou »), forcément à l’époque j’étais super hypée pour ça – et à raison : Future Breeds est, pour moi, le meilleur de leurs albums. Plus abouti, plus pétillant, plus mordant que ses prédécesseurs (même si j’ai énormément d’amour pour Happiness Ltd.), il aurait pu être le début d’une nouvelle ère pour Hot Hot Heat – s’ils avaient continué à faire de la musique pour de vrai.

 

The Dead Weather – Sea of Cowards

the-dead-weather-sea-of-cowards-frontEncore une fois : pouvez-vous croire que cet album a presque dix ans ? Parce que pas moi, vu comment il slay toujours autant. Les Dead Weather avaient frappé très fort avec Horehound, mais avec Sea of Cowards c’était le mic drop. Cet album explore tout le spectre de la folie, à la limite de l’expérience transcendantale et religieuse, et prend constamment son auditeur à partie (et presque en otage), avec des chansons comme « I’m mad » ou « I can’t hear you », qui t’attrapent par les tripes et la gorge. Alison Mosshart est déchaînée comme je l’aime, Jack White est à la batterie comme je l’aime, Dean Fertita et Jack Lawrence appuient sur la touche heavy pour porter la mélodie, c’est crade et précis comme j’aime, ça poisse et ça laisse un goût de sang en arrière bouche. Cet album sent le sud des États-Unis et les bars sombres, le moonshine et le bayou, et sur le final « Old Mary », Jack White s’improvise en prédicateur douteux, du genre qu’on trouve avec des serpents dans une tente au fond des bois. L’imagerie conjurée est intemporelle et colle à la peau comme l’air lourd avant un orage – impossible de s’en défaire.

 

The White Stripes – Under Great White Northern Lights

b35d3cba02b6f4befbaf4633daff673b.1000x992x1JE SAIS c’est un live, ça devrait pas compter, mais c’est mon top je fais ce que je veux et honnêtement, si je devais classer ces disques en terme de larmes versées, celui-ci serait premier haut la main. La dernière legacy des White Stripes (j’en profite c’est la dernière décennie où je peux les mettre dans un top), ce live qui te remue les entrailles, par sa rudesse, sa simplicité, sa vérité et ses émotions à vif. Il me touche toujours droit au cœur (même dix ans après oui oui) (tu me diras, vingt ans après, leur premier album me coupe toujours le souffle), le DVD qui va avec n’en parlons pas. Les White Stripes sont mon OTP musical pour toujours, je suis sincèrement convaincue (même après Boarding House Reach, c’est dire – mais on en reparlera plus tard, en 2018) que jamais Jack White n’a été et ne sera aussi bon et aussi performant qu’avec Meg, jamais il ne repoussera autant ses limites, plus jamais il ne révolutionnera le rock de la même manière. Cet ultime cadeau des White Stripes en est la preuve, montrant une dernière fois à quel point leur musique ne s’inscrit dans aucune décennie, aucune période musicale, et appartient à toutes et à tous. Les White Stripes et ce qu’ils ont apporté au rock brise les limites du temps et de l’espace, appartenant aux années 1960 comme aux années 2010, et vous savez quoi ? Si en 2030 l’envie me prend de faire une nouvelle rétrospective de la décennie écoulée, il est fort probable que je parle encore d’eux.

 

2011

The Kills – Blood Pressures

thekillsartEn 2010 Alison Mosshart était une fucking queen avec les Dead Weather, mais avant ça elle en était déjà une avec les Kills, ma bromance préférée du rock, et ce quatrième album n’a fait que le confirmer. Si tu es venu-e te faire briser le coeur « The Last Goodbye » est là pour ça, si tu veux prouver que t’es the baddest bitch around tu as « Nail in my coffin », si tu veux chiller « Satellite » est parfait, et si tu veux conclure tout ça sur une note douce-amère, t’inquiète, « Pots and pans » répond à tous tes besoins. Et au milieu ça passe par toutes les émotions, avec toujours un goût amer au fond de la bouche, mais beaucoup, beaucoup d’amour entre ces deux-là. Les duos musicaux mixtes sont mon péché mignon (on se demande la faute à qui), et les Kills ne font pas exception à la règle, prouvant une fois de plus qu’une énergie particulière se dégage toujours de ce type de formation. Blood Pressure est abrupt, il décoiffe, et il te remue jusque dans ton petit coeur, avec des voix et des guitares remplies d’émotions sur un rythme presque mécanique. L’équilibre est parfait, et cet album aussi.

 

2012

Jack White – Blunderbuss

jack-white-blunderbuss-e1337339545258Je sais que j’ai dit que ce n’était pas un classement, mais honnêtement ? Si je ne devais retenir qu’un seul album de cette décennie, ce serait celui-là. Ce n’est pas mon préféré, ce n’est peut-être pas celui que j’ai le plus écouté non plus, ce n’est même pas le meilleur musicalement, ni même le meilleur de Jack White, mais… c’était le retour de Jack White. Après avoir annoncé la fin des White Stripes, et alors que les Raconteurs et les Dead Weather étaient en sommeil pour une durée indéterminée, je m’étais résignée, déprimée, à ne peut-être jamais voir mon artiste préféré en concert, et à ce que, peut-être, il ne produise plus jamais de nouvelles chansons. Et puis, ce soir-là, je rentre à ma chambre étudiante après être sortie avec des amis, j’allume l’ordinateur, et je vois la chanson « Love Interruption ». Je me souviens l’avoir écoutée en boucle pendant une heure en sautillant et en chouinant. Cette chanson, cet album, c’était une promesse : la promesse que Jack White continuerait à être dans ma vie, qu’il continuerait à faire de la musique, des tournées, que je pourrai le voir, l’entendre, et que ma vie continuerait à être rythmée par sa guitare.

Et oh, comme cette promesse a été tenue. (Mais ça, on en reparle en 2018.)

 

Mumford & Sons – Babel

mumford-sonsDécidément 2012 était une année prolifique en terme de « disques qui ont changé ma vie (ou du moins l’ont vraiment profondément impactée) ». Sûrement parce que c’était la fin du monde.

En tout cas, en 2012 je découvrais Mumford & Sons et 1) c’est un groupe qui m’a fait passer par environ un million d’émotions depuis, de la joie intense à la déception la plus profonde, en passant par les larmes et les gloussements, et 2) c’est le groupe qui m’a ouvert les portes de tout un pan de la musique que je ne fréquentais que peu auparavant et qui a été une sorte de révélation pour moi : la bluegrass, l’americana, et tous les trucs plus ou moins du même acabit (que j’ai toujours un peu de mal à qualifier précisément aujourd’hui). En tout cas, ils m’ont fait glisser vers le banjo, les old time string bands, et toute cette sous-famille de la country qui fleure bon le sud des États-Unis (pour un groupe pur-sang londonien, c’est un comble), tout un genre musical que j’adore aujourd’hui et qui constitue, avec le blues-rock (celui-là je te laisse deviner d’où il vient), l’essentiel du socle de ma culture musicale. Il y a tout un tas d’artistes dont je vais te parler dans les années subséquentes qui découlent directement de ma rencontre avec Mumford & Sons, et honnêtement je pense que, rien que pour ça, ils sont l’un des groupes les plus influents de ma vie.

Et puis, de 2012 à 2015, ils ont été la bande-son quasi-constante de ma vie ; je pense que leur Live at Red Rocks fait partie de mes disque les plus écoutés EVER, et oui à un moment de ma vie j’avais 22 versions de « Dust Bowl Dance » sur mon ordinateur (je ne sais pas si c’est toujours le cas mais c’est possible). Ils sont devenu un de mes groupes chouchou et chacha, qui me réchauffe toujours un peu le cœur quand je pense à eux (même si leurs chansons m’ont aussi beaucoup fait pleurer) (oh ces quelques notes de piano avant le dernier refrain de « The Cave »), même si depuis nous avons eu quelques divergence (Wilder Mind est passé par là). J’ai toujours, malgré tout, énormément d’affection pour eux, j’adore toujours les voir en concert (un jour je te raconterai peut-être comment j’étais appuyée sur le piano de Ben à un concert privé oklm) (je dis « oklm » en vrai je suis encore en PLS six mois après hein), j’aime MÊME certains de leurs morceaux plus récents, mais pour moi ils sont à tout jamais associés à cette période de ma vie, entre 2012 et 2015, entre Babel et Wilder Mind.

 

Alabama Shakes – Boys & Girls

daa56642cc505bc8a855d5d9ff69d587.1000x1000x1Qui est-ce qui a droppé oklm l’album blues-rock de la décennie en 2012 ? Oui oui c’est Brittany Howard et son gang. En moins de dix ans, cet album est devenu un classique (dans mon répertoire, du moins) (mais pas que). Il a toute l’innocence des premiers albums, avec ce que ça suppose de spontanéité (et qui fait que j’aime tellement les premiers albums), et pourtant déjà tout est là, tout se tient incroyablement bien. Par la suite, en groupe ou seule, Brittany Howard s’affirmera, plongera plus loin vers la soul et le funk, mais ce premier album d’un blues-rock presque épuré et pourtant plein d’énergie porte toute la force de ce qu’ils (et elle) pourront devenir. Et pourtant, il se suffit à lui-même, étant déjà un statement en soi… et un classique instantané.

 

2013

Kate Nash – Girl Talk

katenash_girl_talk010313Je connaissais Kate Nash pour sa pop radio de Made of bricks (mais si, « Foundations », tu l’as sûrement entendu à la radio en 2007) et de My best friend is you, du coup j’ai été un peu surprise avec cet album riot grrrl, à la limite du punk, et je dois même avouer que, au début, je ne l’ai pas beaucoup aimé.

Et puis je l’ai vue en concert (ma première fois à la Maroquinerie ♥), je l’ai entendue me parler du sexisme dans la musique, me raconter des histoires, me chanter des chansons, et j’ai commencé à apprécier cet album.

Et avec le temps, alors que mon oreille, mes goûts musicaux et mon féminisme s’élargissaient, j’ai fini par vraiment l’apprécier, à la fois pour son message et sa musique. C’est un fuck you à l’industrie musicale, c’est une prise de position qui a ouvert la voie à ma propre prise de position (et à ma décision, quelques années plus tard, de volontairement privilégier les artistes féminines dans mes découvertes), c’est Kate Nash qui reclaim sa voix et son identité, et, musicalement ? c’est un putain de bon album.

Ça a été ma porte ouverte sur le punk et les riot grrrl, et sur tout un pan de l’histoire de la musique que la culture mainstream m’avait caché. Bon, ça, c’est encore un ongoing process, mais il a bien fallu un point de départ, et ce point est là : avec la Kate Nash de 2013.

 

Deap Vally – Sistrionix

deap-vally-sistrionix-2013-1200x1200Dans la famille « à bas le patriarcat ! », en 2013 l’autre groupe qui envoie du pâté c’est ce duo qui s’est rencontré à un cours de crochet (oui) (tricot et rock unis contre le patriarcat, c’est mon credo) et qui me ferait presque réviser mon autre credo, à savoir « les duos mixtes c’est la meilleure chose du monde » : parce que les duos 100% féminins, c’est formidable aussi.

Avec ce combo guitare/voix/batterie qui fonctionne à tous les coups (ou presque), elles arrivent et déménagent comme seul un premier album peut le faire, avec naïveté, conviction et agressivité. Elles sont féministes, sans honte ni excuse, elles sont bien dans leurs bottes et elles pointent du doigt tous ceux que ça dérange, avant de leur montrer le majeur, et tout ça dans un album dont le premier morceau, « End of the world », enjoint à s’aimer les uns les autres. Amour, bienveillance envers soi et les autres, et dénonciation du patriarcat, le tout sur fond de guitares saturées ? Je ne demande rien de mieux.

 

Fast Eddie Nelson – There’s no place like nowhere

chaputa-fast-eddie-lpEn juillet 2014, j’étais à Lisbonne chez une amie et on a rendu visite à ce disquaire qu’elle ne connaissait pas encore. Dès qu’on est rentrées dans la pièce, j’ai été attirée par cette pochette de vinyle, avec son effet cartonné et son découpage. Je l’a pointé à ma copine en lui disant « BG » (je paraphrase) et je suis allée fouiller dans les bacs.

Quelques minutes plus tard, le disquaire m’annonçait qu’il parlait français et me parlant de cet album, me dit, « c’est du blues garage ». Forcément intriguée (la faute à qui ????), je dis oui quand il propose de me le faire écouter.

Et dès la première chanson, la claque. Blues garage était effectivement la description parfaite, avec cette voix rauque et cette guitare bottleneck, le genre de truc qui m’atteint direct aux entrailles. Coup de cœur en moins de 30 secondes et j’ai rembarqué le disque direct dans ma valise.

Depuis, mon affection pour ce disque tient à la fois à sa musique, qui représente ce côté brut de décoffrage que j’aime dans le blues-rock(-garage) et dans les premiers albums, et à ce souvenir ému de cette rencontre improbable – avec cette amie, avec ce disquaire, avec ce disque. Comme quoi, l’apparence, des fois, ça compte.

 

Scarecrow – Devil & Crossroads

a1764721354_10Scarecrow c’est l’alliance improbable du blues et du hip-hop, le truc que j’aurais jamais imaginé, que j’aurais jamais imaginé marcher, et surtout, que j’aurais jamais imaginé aimer. Et pourtant, le monde est plein de surprises musicales prêtes à vous prendre aux tripes quand on s’y attend le moins et à vous prouver que vous avez tort avec vos préjugés sur les genres.

Parce que le blues-hip-hop, ça fonctionne à 200%, donnant un twist bienvenu et rafraîchissant aux deux genres, et créant quelque chose de totalement nouveau qui ne rentre vraiment dans aucune case. Et moi, j’aime être dérangée dans mes codes, chatouillée dans mes genres de prédilection. J’aime que la musique me mette au défi de l’aimer et qu’elle me force à me remettre en question – à remettre en question mes goûts, mes convictions, et à envisager les choses sous un autre angle. Et c’est exactement ce qu’ont fait Scarecrow : ils sont venus me chercher droit dans le blues, m’ont secouée et m’ont forcée à ouvrir les yeux sur le hip-hop. Je pense que, si aujourd’hui j’ai élargi mes horizons musicaux sur une palette un peu plus large que la grande famille du rock, c’est en partie à eux que je le dois.

 

2014

The New Basement Tapes – Lost on the River

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J’ai failli oublier cet album

Qui est pourtant l’un de ceux que j’ai le plus cherché chez les disquaires

(jusqu’à ce que mon disquaire me le trouve l’année dernière)

DÉSHONNEUR SUR MA VACHE

Mais donc, si tu me connais un peu, tu sais que je n’aime rien tant qu’une collaboration musicale couplée à de belles histoires d’amitié et de musical bromance. Ça réchauffe mon coeur de fangirl et de poufsouffle, ça me donne foi en l’espèce humaine et, surtout, quoi de mieux que de savoir que mes artistes préférés se sont rencontrés et ont fait de la musique ensemble ? Pas grand chose, je ne te le fais pas dire. (Je suis cette meuf qui imagine dans sa tête des duos entre ses artistes préférés et attend de les voir se réaliser) (présentement Rhiannon Giddens+Jack White est tout en haut de ma liste.)

Et cet album réunit rien de moins, parmi mes chouchous, que Rhiannon Giddens (ah !), Marcus Mumford (plus d’autres gens qui ne sont pas mes chouchous mais qui sont chouettes et chachas quand même, à savoir Taylor Goldsmith, Elvis Costello et Jim James, et le producteur T-Bone Burnett) (promis j’arrête très vite avec le name-dropping). Et tout ce beau monde (plus d’autres encore, dont la formidable Carla Azar) s’est retrouvé réuni pour mettre en musique des paroles délaissées de Bob Dylan, et le résultat est pour le moins fascinant. Je suis à 200% partiale quand je dis que les chansons de Rhiannon The goddess Giddens sont les meilleures et les plus intenses, surtout « Spanish Mary », mais de manière générale, c’est un album que je trouve formidable à la fois par sa cohésion et sa variété. Certaines paroles réapparaissent en effet dans plusieurs chansons, avec plusieurs instrumentations, plusieurs interprétations, et c’est fascinant de voir comment chacun a pu donner sa propre vision de mots pourtant identiques.

Et, si le disque est magnifique musicalement, je l’aime d’autant plus qu’il existe un DVD documentaire suivant tout le processus, qui éclaire le projet d’une autre lumière, en montrant les difficultés rencontrées, le processus créatif de chaque artiste impliqué, les échanges entre eux… J’adore les documentaires musicaux, celui-ci n’échappe pas à la règle, et permet d’apprécier encore mieux l’album qui en est sorti.

 

2015

Laura Marling – Short movie

7af7acd9Laura Marling est une artiste incroyable, une des meilleures songwriter que je connaisse, une guitariste formidable. Chacun de ses albums est encore meilleur que le précédent, et quand on voit ce dont elle était capable dans le premier, Alas I cannot swim, sorti en 2008 quand elle avait 17 ans, je vous laisse imaginer la QUALITÉ du cinquième, Short Movie.

Dans ses quatre premiers albums (dont le BRILLANT Once I was an Eagle, sorti en 2013, qui a été à ÇA de se retrouver lui aussi dans cette liste), elle explorait la folk britannique dans toute sa subtilité et sa simplicité. Ici, on change de code couleur (bye bye le gris et le noir, bonjour les couleurs claires et lumineuses), de code musical (bye bye l’acoustique, bonjour l’électrique), et aussi de ton (bye bye le doute, bonjour l’assurance). On sent dans cet album que, après avoir passé des années à se chercher, Laura Marling s’est enfin trouvée et l’affirme en face du monde entier.

Et, malgré ces changements, on la retrouve toujours elle, sa manière de jouer, d’écrire, de raconter des histoires avec ses mots et son rythme, et on sent que ce point tournant dans sa vie et sa musique fait d’elle une personne encore plus puissante créativement. Elle ne perd rien de sa subtilité, ajoute à sa précision, plante ses deux pieds dans le monde de la musique et affirme qu’elle est là pour rester – et ça, je vais pas m’en plaindre.

 

2016

Shovels & Rope – Little Seeds

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Shovels & Rope marque le début d’une longue série de concerts où je suis allée sur le principe de « j’ai écouté deux chansons [il y a trois ans] ça a l’air pas mal je vais acheter une place. » Des fois c’est le grand amour, des fois non, mais dans tous les cas je passe une chouette soirée (et avec un peu de chance c’est à la Maroquinerie).

C’est comme ça, il y a des gens qui checkent leurs découvertes musicales sur Spotify, moi je vais à des concerts, chacun sa came.

Shovels & Rope, ça a en tout cas été un coup de cœur : déjà c’est un duo mixte (et tu sais que je peux difficilement résister à ça), ensuite ils arrivent avec leur accent du sud qui me fait fondre, et puis leur americana a à la fois tellement de tendresse, d’amour et d’humour, et en même temps juste ce qu’il faut de politique, que je n’ai pu qu’être séduite.

Parfois mélancolique, parfois mordant, Little Seeds est mon album préféré d’eux à ce jour, et je n’attends plus qu’une chose : pouvoir les revoir en concert (en connaissant les chansons, cette fois).

 

Kate Tempest – Let them eat chaos

kate-tempest-let-them-eat-chaos-1-1068x1068J’ai découvert Kate Tempest en 2018, comme on se prend une claque littéraire dans la gueule. Le genre de truc qui me fait reconsidérer mon rapport à l’écriture, au storytelling, à la musique, au rythme, et plus globalement à ce que je fais de ma vie. Parce que avec ce disque (comme avec The Book of traps and lesson, sorti cette année), j’ai pris une grosse leçon d’écriture et d’humilité. Kate Tempest maîtrise le sens de la formule (si quelqu’un me cherche je suis encore dans le coin là-bas en train de me remettre de la phrase « Life is just a thing that he does »), du rythme (pardon mais ce flow, et la construction musicale de ses albums) et, par-dessus tout, de la narration. Que ce soit dans la manière de présenter et de rassembler ses personnages, d’emboîter ses intrigues, de zoomer puis de dézoomer, d’inscrire le personnel dans le collectif et le collectif dans le personnel. Il y a une telle précision et une telle simplicité du verbe, et en même temps une telle puissance, que j’en reste sans voix à chaque fois et, admettons-le, un peu tourneboulée.

Mais, même si Kate Tempest me met en PLS à chaque fois avec son talent et son sens du détail, à chaque fois, aussi, elle me ramasse avec sa bienveillance, sa générosité et son empathie. Et, je crois que, plus que tout, ce qui me touche chez elle, c’est l’émotion qu’elle insuffle dans ses chansons, et l’intensité avec laquelle elle vit cette émotion. Quelle que soit l’émotion, elle l’insuffle à la chanson autant qu’elle l’aspire en elle, et une telle implication, ça me va droit au coeur. Et quand l’émotion est portée par le savoir-faire ? Il ne reste plus rien à ajouter.

 

2017

Rhiannon Giddens – Freedom Highway

MI0004195255La première fois que j’ai vu Rhiannon The Goddess Giddens en concert, j’étais sûrement la personne la plus jeune de la salle, on était tous assis, et malgré la frustration ne pas pouvoir exprimer physiquement les émotions que me faisait ressentir sa musique, j’ai été complètement envoûtée par sa présence et sa prestance. Elle m’a scotchée à mon siège (jusqu’à la standing ovation) et, malgré tout le petit discours que j’avais préparé pour lui dire après le concert, la seule chose qui m’est venue face à elle c’est « bonjour merci de faire de la musique continuez svp ».

Rhiannon Giddens a non seulement une voix incroyable, mais aussi une connaissance approfondie de la musique et de la musique traditionnelle américaine, en particulier la musique noire, et une passion pour ce qu’elle fait, pour la musique comme pour l’histoire qui se cache derrière. Elle vit intensément les histoires qu’elle raconte, et ça se ressent dans sa manière de les chanter, de les jouer, de les présenter.

Elle est aujourd’hui l’une de mes artistes préférées, celles que je trouve les plus impressionnantes, et je la suivrai dans n’importe quel genre et n’importe quelle période historique qu’elle choisira d’explorer mais, à l’heure actuelle, Freedom Highway est mon album préféré d’elle : celui où elle se révèle comme songwriter et plus seulement comme interprète, où elle plonge dans les thèmes qui lui tiennent à cœur – et celui où, tout simplement, se trouvent mes chansons préférées d’elle.

 

The Barr Brothers – Queens of the Breakers

barr_2J’ai découvert les Barr Brothers avec Sleeping Operators, au hasard d’un concert où j’avais eu une invitation et où j’étais allée presque les yeux fermés (c’était en 2014, donc on était pas encore dans la tradition initiée en 2016 par Shovels & Ropes, mais déjà les prémices étaient là) (à l’époque je faisait ça quand c’était gratuit, c’est après que je me suis mise à payer pour voir des trucs que je connaissais pas). Ça a été le coup de cœur immédiat, j’ai passé l’hiver suivant (et celui d’après) (et celui d’encore après) (et tous les hivers depuis) (basically it’s a yearly thing) à les écouter en boucle, et ils sont comme ça, insidieusement, devenus une des pièces maîtresses de mon catalogue musical.

Les Barr Brothers font partie de ces rares artistes qui ont la capacité de faire des chansons qui résonnent parfaitement en moi, ce genre de chansons où j’ai juste l’impression que tout mon corps est au diapason et où tout se réaligne dans mon ventre. C’est viscéral, je sens la pression qui descend et je me sens physiquement apaisée. Écouter ces chansons-là, c’est comme rentrer à la maison.

Et des chansons comme ça, des chansons parfaites, sur Queens of the Breakers, il y en a pas moins de deux. Et si, au début, j’ai eu du mal à accrocher à l’album dans son intégralité, il m’a suffit de le voir en concert (l’un des meilleurs de ma vie) pour qu’il monte sur la première place du podium.

 

St Vincent – Masseduction

8693a1edc321169ba577b6ea8bcff7f1.1000x1000x1En 2017, je suis allée voir St Vincent en concert parce que je me suis dit qu’il était temps que je m’intéresse sérieusement à sa musique. Ça n’a pas été un coup de cœur immédiat, parce que son concert était tellement différent de ce que j’ai l’habitude de voir que j’ai été un peu décontenancée. Il m’a aussi fallu du temps pour me faire à sa musique, décider si j’aimais vraiment ou pas ; en tout cas, dès le début, j’avais vraiment envie de l’aimer – pour ce qu’elle est, ce qu’elle représente, pour son message, pour sa présence dans le monde du rock, parce qu’elle a été la première ambassadrice féminine du disquaire day, parce qu’elle a créé sa propre guitare (dont Jack White jouait sur scène pendant sa tournée de 2018 jdcjdr), parce que je commençais à en avoir marre de voir des mecs qui font du rock et que je voulais voir des meufs qui font du rock, parce que j’avais entendu beaucoup de bien d’elle, parce que, parce que, parce que.

Aujourd’hui, j’ai décidé que j’aimais vraiment St Vincent, pour ce qu’elle est comme pour sa musique. Elle a été l’une des premières étapes dans ma quête pour mettre plus de femmes dans ma discothèque, l’une des plus emblématiques peut-être, l’une de celle qui a été un choix délibéré dans ce sens.

Et Masseduction a été la porte par laquelle elle est entrée dans mon cœur.

 

The Ghost Wolves – Texas Platinum

71iV1ST3JBL._SY355_Quand j’ai vu The Ghost Wolves pour la première fois en concert, ça a été la grosse claque. Un duo mixte sur scène, avec de la musique qui oscille entre le blues et le hard rock, une grosse influence du Sud des États-Unis, une énergie acerbe et une volonté de faire du bruit à décoiffer la salle.

J’ai écouté cet album en boucle pendant des mois, et j’ai eu l’impression d’y retrouver la même énergie brute de décoffrage que le premier album des White Stripes. Le style est différent, à la voix comme à la guitare, à la batterie ou à l’écriture, mais la puissance et l’énergie les posent pour moi en dignes héritiers des White Stripes (et ça, dans ma bouche, c’est un immense compliment). C’est un groupe qui, je pense, a le potentiel d’aller extrêmement loin (et je ne suis pas la seule à le penser, puisqu’ils ont récemment sorti un single chez Third Man Records jdcjdr), et je leur souhaite de tout mon coeur. Ils ont en tout cas rallumé en moi l’espoir de voir un jour naître un groupe qui occupe une aussi grande place dans mon coeur que les White Stripes, et entretiennent mon enthousiasme pour la découverte musicale en général et ma capacité à être émerveillée.

 

2018

Matmatah – Plates coutures

matmatahLa moi de 17 ans avait été dévastée quand le groupe avait annoncé sa séparation ; la moi de 27 ans a été plus que ravie de voir sa prédiction se réaliser lorsqu’ils sont revenus dix ans après (du coup je reste optimiste pour les White Stripes en 2021 jdcjdr). J’ai très intensément vécu le retour de ce groupe phare de mon adolescence, au premier rang à l’Olympia, et c’était comme une promesse faite à une autre version de moi-même que je pouvais enfin tenir.

L’album ? Je l’aime sans l’adorer, et honnêtement, je ne sais pas si j’écouterais Matmatah si je les découvrais aujourd’hui. Mais la nostalgie, l’enthousiasme et le retour spirituel dans les couloirs de mon lycée en font un des albums emblématiques de cette décennie pour moi. J’ai enfin pu remplir un de mes rêves d’ado, et ça, ça n’a pas de prix.

 

Jack White – Boarding House Reach

boarding-house-reach-covers2 La dernière fois que je te parlais de Jack White, c’était en 2012, lorsqu’il signait son grand retour solo avec Blunderbuss, l’album le plus important de ces dix dernières années dans mon cœur. Entre temps, il y a eu Lazaretto en 2014, qui était, pour moi, en-dessous de ce dont Jack White est capable et m’avait laissé un petit goût amer de déception dans la bouche.

Et après ça, quatre ans de silence (ou presque) (il y a bien eu Dodge and Burn des Dead Weather en 2013, mais pas de tournée, et les Acoustic Recordings en 2016).

Aussi, quand Boarding House Reach est arrivé, j’étais dans un mélange d’excitation et d’appréhension, mais aussi sérieusement en manque et bien décidée à aller le voir en concert un maximum de fois.

Et oh, comme je n’ai pas été déçue. L’album ne ressemblait à rien de ce que j’attendais et contenait pourtant tout ce que j’attendais d’un disque de Jack White – novateur, expérimental, intense, créatif. C’est, pour moi, ce qu’il a fait de meilleur depuis les White Stripes, et il est empreint d’une énergie, d’une impulsion nouvelle, qui me laisse pleine d’espoir pour la suite – je suis persuadée que enfin, en 2018, avec cet album, Jack White a réussi à laisser derrière lui le fantôme des White Stripes pour être le meilleur artiste qu’il puisse être par lui-même.

Et la tournée ? Meilleure décision que j’ai prise de ma vie. Non seulement Jack et ses fabuleux musiciens étaient incroyables – de plus en plus à chaque date –, délivrant soir après soir une prestation aux petits oignons, mais il n’y a pas que devant la scène que j’ai vécu des heures merveilleuses. Assise par terre ou accoudée contre une barrière devant les salles, dans des trains ou des tramways, j’ai connecté avec une nouvelle famille de gens qui comprenaient exactement ce que je vivais et ce que je ressentais. Si chaque concert était aussi intense, c’est parce qu’il y avait tous ces autres moments autour, toutes ces autres rencontres, toutes ces choses à partager, avec des gens qui étaient des inconnus une heure plus tôt, qui pour certains le sont redevenus une heure plus tard – et pour d’autres resteront dans ma vie à jamais. J’ai vécu cet album autant que je l’ai pu, ajoutant une quatrième dimension à une musique qui m’avait déjà comblée en 2D. Et, plus d’un an plus tard, j’ai toujours ces moments au bord du coeur.

 

Anna Calvi – Hunter

anna-calvi-hunter-1528292258-640x640En 2018 j’ai pris la décision consciente et volontaire d’écouter et de découvrir plus d’artistes féminines, écoutant un peu tout ce qui me passait sous la main, sans limite de genre, de style ou d’époque – c’est comme ça qu’est entrée dans ma vie, entre autres, Kate Tempest dont je te parlais plus tôt, Mattiel dont je te parle plus tard, et de multiples autres qui n’ont pas forcément trouvé leur place ici mais dont les albums sont bien au chaud dans ma discothèque.

Anna Calvi m’a été conseillée sur la tournée de Jack White, et, avide de découvertes, je me suis jetée sur son nouvel album et son concert en prenant tout juste le temps d’écouter une ou deux chanson et oh ! quelle découverte ! Un talent incroyable à la guitare, une voix sublime, une sensualité de fou : sa présence et son intensité m’ont tout de suite mise sur le carreau, tout comme son insistance à se détacher des codes genrés. Elle avait tout pour me plaire, musicalement et idéologiquement, et je pense sincèrement que c’est l’une des artistes les plus impressionnantes de la dernière décennie – et que son troisième album est son meilleur.

 

2019

Blood Red Shoes – Get Tragic

79976f50555f936d579a538d16034dc9.1000x1000x1Si tu es arrivé jusque-là tu as sûrement déjà compris mon amour pour les duos mixtes (surtout quand ils ont un code couleur) et les bromances du rock, et Blood Red Shoes ne fait pas exception à la règle. Avec cet album, leur son punk-rock gagne en maturité et en précision, se modernisant tout en restant fidèle à ce qu’ils sont.

Blood Red Shoes sont aussi un outsider dans cette liste. Je les connais et les écoute depuis 2014, mais jusqu’à Get Tragic, ils faisaient partie de la classe moyenne de ma culture musicale, ces groupes que je suis et que j’aime bien, sans forcément être en PLS dès qu’ils annoncent une nouvelle actu. Cet album a carrément changé la donne, faisant d’eux des chouchous chacha et un groupe que je suivrai jusqu’au bout du monde (probablement). Ils sont entrés dans la cour des grands de ma discothèque (quel honneur), et j’ai super hâte de voir ce qu’ils me réservent pour la décennie suivante.

 

The Raconteurs – Help Us Stranger

raconteurs-help-us-strangerDans la famille des groupes dont on attendait pas le retour mais qui reviennent oklm en mode « mais on s’était jamais vraiment séparés tkt », les Raconteurs se posent là. Les Raconteurs, c’est le groupe le plus classique de Jack White, l’origine de mon amour du western et c’est aussi la preuve que Boarding House Reach a donné un nouveau souffle à Jack.

Leur retour m’a procuré une joie incommensurable, déjà parce qu’il me fallait bien ça pour me remettre de la fin de la tournée de Boarding House Reach (et encore), ensuite parce que les voir sur scène m’a fait déborder d’amour pour littéralement tous les membres (oh, Brendan, pourquoi t’ai-je négligé toutes ces années ?), techniciens compris, tellement ils ont l’air d’aimer être là, et ensuite parce que l’album ? fucking killer.

Et partager ça avec les copains et les copines, anciens comme nouveaux, ceux qui voient Jack pour la première fois et ceux qui le voient pour la quinzième, ceux que je connais depuis des années comme ceux que je viens de rencontrer et ceux que je retrouve, des mois plus tard, dans une autre ville ou un autre pays ? ça n’a pas de prix. Honnêtement, les Raconteurs ont fait mon année 2019, et en plus de ça, ils m’ont rendue carrément optimiste sur la présence de Jack dans ma vie pour la prochaine décennie (même si j’attends toujours qu’ils annoncent leur tournée UK jdcjdr).

 

Mattiel – Satis-factory

Mattiel  - Satis FactoryJ’ai découvert Mattiel au détour de flyers et de newsletters et, à force de la voir partout, je me suis dit que c’était forcément un signe et que je devais aller voir par moi-même ce qu’elle valait. C’était avec son premier album, en 2018, j’étais allée la voir en concert les mains dans les poches parce que t’auras compris que c’est ma philosophie, comme disait Amel Bent dans ma jeunesse, et j’en suis ressortie avec une immense admiration pour cette meuf qui a l’audace d’être plus jeune que moi et incroyablement talentueuse et charismatique. Elle porte sa musique comme sa veste en cuir, avec swag, classe et impertinence, et son deuxième album, Satis-factory, ne fait le confirmer. Je pense honnêtement que le futur du rock est là, et si elle continue à s’améliorer d’année en année de manière aussi impressionnante, alors le futur du rock va être formidable.

Also ? Son passage à la Maroquinerie home sweet home en septembre : définitivement l’un de mes meilleurs concerts de l’année (et y avait du niveau en 2019).

 

The Highwomen – The Highwomen

71r5k9qog6l._sl1425_-1024x1024Je te parlais de futur du rock juste au-dessus, maintenant il est temps de parler du futur de la country. Si tu as lu cette liste avec attention, tu auras remarqué que l’ensemble est très féminin (aux deux tiers), et ce n’est pas vraiment une coïncidence : j’ai volontairement pris la décision de mettre plus d’artistes féminines dans ma vie, pour contrer l’industrie musicale masculino-centrée, par convictions féministes, pour pallier le manque de représentation général dans le monde de la musique, pour la sororité… en bref, pour essayer, à mon niveau, de donner aux femmes la place qu’elles méritent dans le monde de la musique et qu’elles n’ont clairement pas.

Mais à mon niveau, à part quelques disques et quelques places de concert (et un peu de prescription, comme ici, ou comme quand je dis à mes amis « mais si écoute telle artiste elle est formidable !!!! »), je peux pas vraiment faire changer la machine.

Par contre, il y a des gens avec un peu plus de pouvoir que moi qui ont les mêmes ambitions, et qui font ce qu’il faut pour changer les choses. Et parmi elles, on peut compter Natalie Hemby, Brandi Carlile, Maren Morris et Amanda Shires, qui ont décidé oklm de révolutionner la country, genre masculin par excellence, en lançant leur propre supergroupe, avec son album féministe et féminin, collaboratif et optimiste, qui crée un monde plus beau où la musique n’a pas de genre et où les femmes ont autant de temps d’antenne radio et de place en festival que les hommes.

Rien que pour l’initiative, cet album méritait sa place dans cette rétrospective, mais en plus, devine quoi ? La musique est vraiment cool (Incroyable ! les femmes peuvent faire de la bonne musique). C’est de la country comme je l’aime, qui donne envie de danser et de chanter en choeur, qui aborde des sujets qui me parlent ou dont j’ai envie de parler, et c’est de la country qui n’a rien à envier à la country faite par des hommes.

C’est aussi, et surtout, une porte ouverte sur un futur de la country, et de la musique en général, que j’ai très envie de voir.

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